Stéphane a proposé cette année de faire l'endurance de Mérignac sur sa kawasaki 636 RR. C'est Hugues qui sera son copilote. Habitué au bicylindres italiens, ce dernier devra se faire à une nouvelle monture qui commence à marcher là où sa Ducati s'arrête, c'est à dire vers 10-12000 tours, avec des montées en régime à 16000 tours, tout un programme... Pour le reste, la moto est bien équipée, avec des disques braking wave et un freinage d'origine Nissin radial, vitesses inversées, shifter, commandes reculées et power commander.

Vendredi 08 octobre : les essais libres

Rendez-vous est donné sur le circuit de Mérignac à 13h30 pour les essais libres de la journée. 10 euros les 20 minutes, ça va le faire, on en prend deux chacun pour couvrir l'après-midi, en catégorie licenciés.

On prépare la moto, qui a de sévères traces du Hight Side de Stéphane de cet été. On espère qu'elle passera le contrôle technique sans problème.

14h00, Stéphane part pour sa première série d'essais. Il effectuera un roulage régulier et tranquille histoire de se remettre en main. Pas de soucis particuliers. Ils sont une dizaine sur la piste, ce qui permet de rouler à son rythme. En attendant, le paddock commence à se remplir.

15h00, c'est au tour de Hugues, qui aura pour mission de prendre en main cette moto et de comprendre son utilisation. Les premiers tours seront laborieux, les régimes moteurs étant systématiquement trop bas. Par contre, niveau freinage, c'est bon, la moto dribble même de l'avant, va falloir doser ! La série se caractérisera par une franche manque de maîtrise de la moto, mais après tout, on n'apprivoise pas ça en 20 minutes.

16h00, Stéphane part pour sa deuxième séance. Cette fois il y a beaucoup plus de monde dont des rapides. Il va tenter de prendre des roues pour améliorer ses chronos, ce qui sera positif puisqu'il passera de 0'58 à 0'54"4, son meilleurs temps. La série sera ponctuée de deux drapeaux rouges au grès des chutes et accrochages, il faut dire que certains étaient partis le couteau entre les dents dès le premier tour... La série se terminera mal pour Stéphane qui, sous le damier, percutera une moto qui coupe brutalement les gaz à la présentation du damier. Heureusement, plus de peur que de mal, les motos se touchent et partent au tapis, sans blessures pour les pilotes. Pour ce qui est de la kawa, Hugues se fera un plaisir de redresser les éléments tordus (platine et pare carter) avec une grosse clé à molette, le seul outil valable pour les japonaises selon lui. La moto présente encore plus mal pour le contrôle technique qui est la prochaine étape. Ce contrôle sera salvateur puisqu'il permettra de voir que le banjo de frein de l'étrier droit est desserré et que la pression de liquide de frein sort par là... Une fois cet élément réparé, la moto obtient son contrôle, on devra juste enlever les fils de freinage des étriers pour l'endurance, afin de permettre les changements de roue, surtout que des orages sont prévus...

17h00, Hugues part pour sa dernière séance. Cette fois, les passages s'améliorent et les régimes moteur commencent à être bons mais pas encore à la zone rouge. Il y a donc des progrès à faire pour mieux rentrer dans les courbes sur l'élan. Stéphane n'ayant pas pris les chronos, nous n'avons aucune idée des temps de Hugues. On verra ça au essais qualificatif qui permettront de finir de trouver le mode d'emploi de la moto.

Fin de la journée : le programme des courses n'est toujours pas connu. Nous verrons samedi ce qu'il en est. Ce qui est sûr, c'est que Stéphane aura les essais qualificatifs pour la course de vitesse samedi matin à 10h50.

 

Samedi 09 octobre : les essais qualificatif vitesse

ça y est, le programme est connu. Pour nous, ça sera :
- essais qualificatif vitesse : samedi matin
- essais qualificatif endurance : dimanche matin
- manches vitesse : dimanche matin
- endurance : dimanche après-midi

Les résultats des essais qualificatifs de Stéphane sont moins bons que ses temps d'hier 0'57, ce qui le place en dixième position sur dix motos.

 

Dimanche 10 octobre : de l'intérêt de bien se préparer

suite et fin de ce week-end d'endurance à Mérignac. La journée a commencé difficilement du fait d'un changement, une nouvelle fois, de programme : l'endurance programmée initialement (et après 4 changements de programme...) l'après-midi, a été décalée à 10h30. Du coup, c'est effervescence dans les paddocks, tout le monde s'active pour monter les pneus pluie et être à l'heure pour les essais qualificatifs qui démarrent à 8h30.

Pour nous aussi, c'est changement de pneus. Stéphane a fait monter les pneus pluie sur ses jantes d'origine. Le problème, c'est que quand il a fallu monter la jante arrière, celle-ci n'y allait pas avec les entretoises présentes sur la moto avec la jante braking, et les entretoises d'origine étant en vrac, il était impossible de monter la jante d'origine sans erreur. Du coup, un changement de pneus s'est imposé, à 8h15, tout va bien, on a 15' pour échanger les pneus sur les jantes arrière. Et la pluie s'intensifie pour arranger les choses. Ayant enfin changé les pneus arrières, Hugues revient avec la jante braking pour constater que les entretoises sont en vrac et mélangée, notre voisin de stand lui propose d'aller se préparer et lui dit qu'il va changer la jante arrière. Dubitatif, mais vu l'heure, Hugues y va. Enfin équipé, il récupère la moto, pompe les freins et s'élance sous la pluie pour sa séance de qualification. Pour rappel, il ne connait pas la moto si ce n'est 40' faites à son guidon vendredi, et n'a jamais roulé sous la pluie avec des pneus pluie, voire jamais roulé avec autant d'eau qui tombe d'ailleurs.

Cependant, tout se passe bien et il se qualifie avec un 1'11.

Stéphane s'élance en suivant, sa série se passe bien également, il roule tranquille pour assurer la course et se qualifie en 1'14 (contre 0'57 la veille sur le sec). Les pneus pluie, c'est comme sur le sec il paraît, mais dans la tête on a encore du mal à y croire.

Pendant ce temps, notre équipe d'assistance arrive : Patrick, Nathalie, leur fille Aline, Maxime son copain et Mathias le copain du copain. On inaugure une nouvelle équipe d'assistance avec ados, ce qui va dans le sens de ce qu'on s'était fixé avec l'asso. Ils sont courageux vu le temps et paraissent inquiet quant aux conditions de course. Il faut dire que le circuit n'a pas de stand et qu'il faut monter un barnum sur le bord de la voie d'accès à la piste : ça fait paddock des années 70 ! Une fois tout le matériel installé, toujours sous la pluie, Hugues fait un rapide briefing sur comment vont se gérer la course, les relais, les ravitaillements et la communication entre pilotes et assistance. Il explique également comment fonctionne la course, vu que nous n'avons aucun briefing de l'organisation. Notre équipe d'assistance s'équipe et nos ados ont fière allure dans leurs combinaisons de mécano et de pompiers !

On est enfin appelé pour le départ. C'est Hugues qui le fera. On nous envoie sur la piste pour un tour de mise en place. Le départ ne se fera pas en épi comme prévu, vu que la piste est glissante. Ce sera un départ en ligne. On a deux tours de chauffe avant départ. Dès ces deux tours, Hugues est largué par tout le monde, ça promet...

Du coup, au départ, il est remonté. Au drapeau, il part comme une balle en roue arrière, le tout étant de la poser avant le virage, ce qu'il arrive à faire et lui permet de bien se placer. Mais son manque de confiance dans les pneus sous la pluie fait qu'il roule trop lentement et qu'il se fait repasser. Au bout de 20' environ, il commence à être à l'aise sous cette pluie continue, les régimes moteurs s'en ressentent et il commence à rouler plus fort et enfin utiliser cette moto dans sa bonne plage de régime, lui permettant ainsi de remonter. Il se fera juste quelques frayeurs en freinant tardivement à la chicane et partant en glisse des deux roues une fois.

Alors qu'il prend enfin la moto en main, l'assistance agiter le ti-shirt rouge, signe qu'il doit rentrer.

Le relais se passe sans encombre et Stéphane part plein pot, remonté à bloc et motivé comme jamais. Il effectue des tours propres de plus en plus rapides mais, d'un coup, se met à ralentir et rentre aux stands.

Il nous annonce que la moto louvoie et qu'il a déjanté, ce qui paraît étrange. En, fait, la roue a un jeu énorme comme si il manquait une entretoise et le bras oscillant est attaqué. On suspecte une erreur de remontage des entretoises vu les histoires de ce matin. Du coup, on s'active au jeu des mécanos pour trouver les bonnes entretoises et remonter cette roue. Il semble qu'on trouve le bon empilage, la roue est centrée et alignée sur le PSB et l'étrier. On en profite pour faire le plein de la moto, il faut bien que nos ados participent aussi.

Stéphane repart à bloc le couteau entre les dents, nous fait un joli tour et au suivant s'arrête sur le côté, à l'opposé du circuit. Il est condamné à rentrer à la poussette.

Cette fois, les dégâts sont plus important, la couronne a sauté et l'entretoise l'a traversée. Le bras oscillant est fortement entamé. On tente une réparation, mais c'est impossible.

C'est l'abandon au bout d'une heure de course... Du coup, la vitesse tombe également à l'eau (c'est le cas de le dire vu les conditions météo qui s'empirent) pour Stéphane.

Tout le monde est déçu, notamment notre équipe d'assistance qui avait pris goût à l'aventure. L'abandon reste notre faute, nous n'étions pas assez préparé à cette course et l'équipe mécanique ne connaissait pas du tout la moto, ce qui était une erreur et nous a valu ces mauvais montages d'entretoise. Cette aventure nous servira de leçon sur la nécessité de préparer une course bien à l'avance. Elle restera tout de même un bon souvenir pour les pilotes qui ont débuté sous la pluie (avec un 1'00 et des poussières pour Stéphane) et pour l'équipe d'assistance qui s'est prise au jeu.


On remettra ça l'an prochain, avec des machines plus abouties et une équipe mieux préparée !

 

Les photos :