Endurance Tophée de Ligue Poitou-Charentes 20-21/10/2012

Une fin de saison mitigée

 

Pour cette dernière endurance, nous engageons deux motos : le prototype Ducati 750 ie et la kawasaki Er6n nouvellement arrivée.

 

 

Nous découvrons le Trophée de Ligue Aquitaine Poitou-Charentes organisé par les motos club de Haute Saintonge et Val de Vienne Moto qui, pour cette fin de saison, ont décidé d’organiser une course d’endurance de 4h00 à deux pilotes.

 

L’équipe pour cette course est composée de :

  • Pilote Proto 1: David NEILZ

  • Pilote Proto 2 : Hugues BENEDETTI

  • Pilote Kawasaki 1 : Frédéric CHARTIER

  • Pilote Kawasaki 2 : Joël BOUDIER

  • Team Manager : partagé entre les pilotes

  • Mécanicien, ravitailleur et extincteur : Romain et Laurent GAMUNDI

  • Chrono 1 : Clément DOS SANTOS

  • Chrono 2 : Jean-Guy PASCAL

     

     

Vendredi 19 octobre

 

C’est sous une pluie diluvienne que Frédéric et Hugues rejoignent un Joël déprimé dans sa voiture à regarder toute cette eau qui tombe. Le paddock est complet et il est assez difficile de trouver une place, surtout avec un ensemble de 15 m… L’installation du camp prendra une bonne heure mais permettra de se retrouver au sec et au chaud dans la remorque équipée amenée par Fred. Le barnum sera quant à lui vite monté afin de travailler sur les motos, et notamment la kawa sur laquelle il reste quelques finitions à faire (bocaux de récupération des fluides, protections carbone/kevlar à mettre en place, quelques vis à finir de freiner).

 

 

 

 

Vu qu’il est minuit passé et que les essais qualificatifs débutent à 8h40, on s’avale vite un repas chaud, préparé par notre cuistot habituel Joël, qui d’ailleurs cuisine toujours aussi bien. La pluie ne s’arrête toujours pas, on regarde nos pneus d’un air déprimé, forcément avec des super corsa SC2, ça va être compliqué…

 

Samedi 20 octobre

 

Levé tôt pour aller faire l’administratif et le technique. Les deux motos passent sans problème. Hugues a oublié sa dorsale et devra s’en faire prêter une pour les qualifications. Pour nous mettre le moral, la pluie s’est intensifiée, tout est inondé, bref ça va être du bonheur. Bien entendu, le temps de faire toutes les démarches, notre groupe est parti faire ses essais et Fred et Hugues s’élancent pour leurs qualifications en retard : Fred passe rapidement mais Hugues est bloqué à l’entrée des stands. Le temps d’expliquer que c’est sa session qui est en cours, il part 5 minutes avant la fin. L’arrivée sur la piste met dans l’ambiance : le grand droit est complètement inondé ainsi que la plupart des virages suivants. La mise sur l’angle est impossible, la moto se dérobe de suite, c’est donc style coulé et à côté de la moto pour faire les qualifications. Résultat : Fred se qualifie en 2’56 et Hugues n’a pas le temps de boucler son deuxième tour qui aurait permis de faire un temps de qualification, vu qu’entre temps il a été rattrapé par les premiers (en pneu pluie ça va de suite mieux pour la prise d’angle) et malgré qu’il ne soit pas passé sous le damier. Donc visite à la direction de course pour savoir comment faire : en fait, pour être qualifié, il suffit qu’un seul pilote roule.

En attendant la deuxième séance qualificative et l’arrivée de David, histoire de se réchauffer, l’équipe va prendre un café et attaque le tour du paddock à la recherche de pneus pluie. Bien entendu, il n’y en a plus à vendre et il faudra attendre l’après-midi pour aller faire un tour à Poitiers dans les concessions. Pour essayer de se rassurer, chacun consulte régulièrement la météo en espérant voir des rayons de soleil dans les prévisions, mais rien n’y fait, la pluie continue allègrement. D’ailleurs ça fait bien rire Fred qui, en bon pilote de moto cross, se fiche de glisser, le mouillé c’est dans la tête qu’il dit !

12h00, départ des essais qualificatifs pour les deuxièmes pilotes, toujours sous la pluie. Joël n’est pas du tout rassuré, David se persuade que les Corsa vont tenir. Pour mettre tout le monde d’accord, la pluie s’intensifie. Un pilote sur la grille de départ laisse un commentaire à David pour le rassurer, en regardant les pneus du proto : « ça va être long… » Tout est dit. Joël sortira dès le premier tour, estimant que le risque de chute est trop grand, du coup Fred prendra le relais pour faire un 2’52. David, quant à lui, arrivera à faire un honorable 2’48. La tête est en 2’17 sur une Suzuki SV650 et bien sûr en pneu pluie.

La journée « pilotage » est finie, d’ailleurs jusqu’au dimanche 14h40, heure de la mise en épis pour la course d’endurance. Tout le monde est sur les nerfs vu comment a commencé la journée. Histoire de se détendre, Hugues se met à la cuisine et chacun y va de sa mauvaise foi pour intoxiquer l’autre équipe. De toute façon, nous n’avons pour le moment pas de pneus pluie et à part faire la course entre nous, nous ne risquons pas d’aller embêter les autres concurrents. Joël et Fred sont qualifiés en 17ème position sur 19 motos et David et Hugues en 19ème et derniers, pour cause d’un seul temps chrono. Entre temps, Fred arrive à dégoter des pneus pluie en 160 pour la kawa, au moins une des motos pourra rouler dans le rythme. L’intox continue d’ailleurs de sa part envers David et Hugues qui lui font gentiment remarquer que la météo tourne au sec pour le dimanche après-midi selon les prévisions et que leur choix d’aller chercher des pneus sport-route sera la plus judicieuse.

L’après-midi sera donc consacré à la recherche de pneus, l’achat de vêtements étanches pour se mouiller le moins possible en course, acheter une dorsale pour Hugues et visiter le resto de Joël, vu qu’on avait sa béquille à récupérer (au passage, je vous conseille d’y faire un tour : restaurant Les Sarments 407 av Nantes - 86000 POITIERS). Une paire de Bridgestone S20 sera trouvée sur les conseils du vendeur à défaut de pneus pluie. Il nous conseillera une pression de 2.3 AV / 2.5 AR, alors que nous lui expliquons que nous allons faire du circuit avec … et précisant que lors des tests des pneus auquel il avait été invité, ils avaient mis plus. Bref nous avons un doute et nous contenterons de 2.3/2.3 pour rouler sous la pluie, histoire de bien garder les sculptures ouvertes et évacuer l’eau.

Retour à 19h00 au circuit, opération du soir : montage des pneus sur la kawa et tests de remplissage d’essence sur les deux motos, avec une nouvelle modification de bouchon pour le proto, aucune solution convenable n’ayant encore été trouvée. Cette soirée se passera dans la bonne humeur, avec la mauvaise foi qui se poursuit entre les équipages, la pluie s’arrêtant, faisant dire à David et Hugues que finalement il est préférable d’attendre le lendemain pour monter les nouveaux pneus, au cas où il ferait sec et que le choix des pneus pluie n’est certainement pas le plus judicieux. Quant aux tests d’essence, ils seront enfin concluants : 36’’ pour la kawa avec 13 L et l’ACERBIS, 1’06’’ pour le proto avec 17 L et le bidon TUFF JUG. Bref, tout est prêt pour le lendemain et les pilotes vont se coucher histoire d’être au meilleur de leur forme.

 

Dimanche 21 octobre

 

C’est parti pour la journée course. Les pilotes du proto ne sont pas si en forme puisque l’équipe de la Kawa a joué la guerre du sommeil avec des ronflements d’un autre monde. Bref, le café est nécessaire pour ce matin. Heureusement qu’il y aura le temps de faire la sieste. Par contre, pour changer, il pleut. David et Hugues se décident donc à monter les pneus sport route histoire de tenir un peu mieux sous la pluie qu’avec les corsa SC2. Fred se remettra au démontage du pneu, technique qu’il maîtrise bien avec pas grand-chose. Le reste de l’équipe débarque dans la matinée et chacun va installer le stand. Hugues distribue ensuite les rôles de chacun et les pilotes se décident sur une stratégie de course afin que les motos ne sortent pas en même temps vu que nous n’avons qu’une équipe d’assistance. De plus, au vu des conditions météo et des nombreuses chutes au cours du week-end, les courses de vitesse ont été décalées et l’endurance ne débutera plus qu’à 15h30, soit au total 3h30 de course au lieu de 4h00.

Il est midi, la pluie s’est arrêtée ce qui rassure l’ensemble de l’équipe. Le ciel semble même s’éclaircir, ce que ne manque pas de faire remarquer les pilotes du proto. Repas puis sieste en attendant le départ des finales expert.

 

 

 

La piste est encore bien mouillée et tout le monde part en pneus pluie. Nous assisterons à un joli spectacle de la part de ces pilotes de vitesse.

En attendant, vu que la piste semble commencer à sécher, c'est la panique dans les box des équipes d'endurance : chacun y va de sa technique pour aborder la course : pneus pluie, pneus semi-slic type corsa, certains attaquent même leurs pneus semi-slic à la meuleuse pour avoir des sculptures jusqu'au bout de ceux-ci, on croit rêver ! De notre côté, nous décidons de ne pas changer de stratégie : on chauffe les pneus pluie de la kawa et les pneus sport du proto.

 

 

Entre temps, la stratégie de ravitaillement est revue, vu que la course ne dure au final que 3h30. Nous ne ferons plus qu'un ravitaillement avec le proto et deux avec la kawa, afin de tenir les 3h30 de course.

La course de vitesse terminée, la mise en épi des motos d'endurance peut se faire : les pilotes s'élancent pour un tour puis font une mise en épi, avec un départ type 24h00 du Mans pour deux tours de chauffe. Puis remise en épis des motos pour le vrai départ. C'est Fred qui part pour la kawa, et David pour le proto.

15h57, départ de la course donné. Fred, qui entendait le décompte dans la radio d’un des commissaires derrière lui, part sur un faux départ. Il s’arrête donc en milieu de piste en attendant les autres. De toute façon, il n’arrive pas à démarrer la moto qui avait une vitesse enclenchée et a une sécurité dessus. Bref, il s’énerve comme il faut et part comme un furieux. Quand à David, méfiant avec les pneus qu’il ne connait pas, décide de prendre un départ tranquille et de se coller au groupe. Son pilotage bien enroulé et souple fait qu’il remonte doucement des places au classement, en faisant un joli 2’08’’798. D’ailleurs, comme prévu, une mini-course s’installe dans la course, avec Fred qui cherche les trajectoires mouillées et David les sèches. Fred fait d’ailleurs son meilleurs temps en 2’12’’287, tout ça juste pour doubler le proto.

 

 

 

En attendant, Hugues revoit la stratégie de course vu que la course se terminera dans tous les cas à 19h00, soit 3h03 de course au total. Un seul ravitaillement sera donc suffisant pour la kawa.

 

 

A 35 minutes, David passe le relais à Hugues. Il lui indique que les pneus vont très bien. Hugues part donc immédiatement avec du rythme afin de garder les pneus chauds, mais en gardant une certaine marge afin de découvrir sur le premier tour l’état de la piste : c’est une alternance de séchant et de mouillé. Certaines trajectoires sont sèches, mais elles se font rares. En tous les cas, ce premier tour se passe sans aucune amorce de glisse. Le deuxième tour sert à vérifier que ça passe comme sur le sec : aucun souci. A l’attaque du troisième tour et au freinage de la ligne droite, Fred dépasse Hugues, qui veut le reprendre à l’entrée du gauche, ayant une trajectoire avec plus d’élan et étant à l’extérieur pour attaquer le gauche. Mais étant sur la partie mouillée, il préfère rendre la main et reprendre la bonne trajectoire. Rien qu’avec ça Fred lui met un virage d’avance. S’enchaine une course poursuite avec le proto qui remonte rapidement la kawa. Vu que ça tient bien, Hugues prend son rythme et au gauche de la ferme, alors qu’il est plein angle en phase neutre (application des cours box 23, ça sert !), les deux roues décrochent d’un coup à la corde pour entamer une belle glisse qui se terminera après quelques roulé-boulé pour le pilote et un tonneau pour la moto au fond du bac à gravier. Confient, Hugues va pour relever la moto et repartir, mais les dégâts sont trop grands : maître-cylindre de frein cassé, poignée d’embrayage cassée, araignée tordue, tableau de bord arraché, tête de fourche et bulle cassés, réservoir déboité, ça va être compliqué. Le camion d’assistance est envoyé une fois la moto mise en sécurité. Hugues en profites pour jeter un œil au virage depuis le bord. En fait il y a une grande trace d’eau au milieu de la trajectoire, mauvaise reconnaissance lors des deux tours précédents !

Entre temps, Fred passe le relais à Joël avec une moto en 13ème position. Il explique à l’équipe qu’ils peuvent toujours attendre Hugues, vu qu’il joue dans les graviers. Retour au box de l’équipage moto/pilote.

 

 

Se pose la question de l’abandon que les commissaires techniques conseillent au vu de l’état de la moto. Mais David lance la phrase magique : « tu n’as pas des maîtres cylindres dans la caisse ? ». En fait oui, donc la décision est prise de remonter la moto, au grand étonnement des box voisins et des commissaires. Commence un démontage de l’ensemble. Tout ce qui n’est pas utile et qui pend est supprimé, l’araignée alu détordue, un nouveau maître-cylindre de frein monté, une poignée d’embrayage, un câble d’accélérateur, ... Le bocal de frein qui est lui aussi cassé et perd, est remplacé en faisant les fonds de caisse des pièces de David.

 

 

 

 

On se rend compte que le transpondeur n’est plus sur la moto. Un appel aux commissaires de piste est fait pour qu’ils fassent un tour dans le bac à gravier, vu qu’il y a un safety en cours (celui-ci est pour nos voisins qui ont fait une chute identique). Coup de chance, ils le retrouvent ! Le reste de tête de fourche est donc fixé à l’araignée avec les restes de faisceaux nécessaires au fonctionnement de la moto et, au bout d’un peu moins de 2h00, soit à 30 minutes de la fin de course, la moto est prête à repartir.

Pendant toute cette séance de mécanique, Joël est revenu avec le sourire de son premier relais, un ravitaillement en essence a été fait, en 36’’ comme prévu. Ce qui n’était pas prévu, c’est que la clé de la moto se torde en fermant le bouchon et qu’on ne puisse plus tourner le contact. Après quelques coups de marteau pour l’aplanir et de nombreuses minutes perdues, Fred peut enfin partir, se retrouvant dernier du classement, si on exclut ceux qui font de la mécanique dans les stands. Etant énervé, il va nous faire un festival à la façon supermotard (merci le cross), d’autant que le pneu pluie commence vraiment à fatiguer à l’arrière, la piste séchant. On entendra les crissements du pneu depuis le bord de la piste pour le freinage de la ligne droite. Il rend la moto à Joël à 45 minutes de la fin et à la 15ème place, mais Joël revient au bout d’un tour en disant qu’il ne peut rouler comme ça, ça bouge trop. Fred le persuadera de continuer, vu que ça tient quand même. Il repartira donc, suivi une dizaine de minutes après par Hugues, à qui David a gentiment laissé la place pour finir la course, histoire de ne pas rester sur une mauvaise impression en fin de saison (c’est comme le cheval, on remonte dessus de suite après la chute, là c’était plus compliqué vu l’état de la moto !). Cette fin de course se passera sur un rythme plus cool pour Hugues, la piste n’ayant pas encore séchée partout et les pneus étant froids, avec en plus une première glisse se faisant sentir à l’accélération. Joël en profitera pour passer Hugues, encore une fois au droit après la ligne droite, décidément il y a du travail pour Hugues sur ce virage…). Hugues le reprendra au freinage du pif-paf pour rendre la main après une nouvelle virgule à la passerelle après le trop-tard. A priori il y a autre chose. Il rend donc la main et laisse passer Joël pour terminer cette course. En plus les douleurs de la chute commencent à se faire sentir et ça ne sert à rien de remettre ça.

La course se finit donc à 19h00. La kawa est 14ème et le proto 18ème et dernier (un abandon). Il est temps pour le pneu arrière de la kawa qui est détruit et ne tient plus. Joël est tout de même ravi de sa course. Fred ne manquera pas de faire remarquer que la kawa finit devant le proto et les mécanos de remercier Hugues pour les avoir occupé pendant la course. Bref ça chambre pour changer. Il n’empêche qu’au meilleur chrono c’est l’inverse, le proto est devant la kawa grâce à David, mais la tortue a encore une fois gagné. Devant, c’était pour le moment intouchable pour nous, avec les meilleurs temps en 1’57, ce qui est bien vu le type de motos engagées : « twinlight » soit des SV650, kawa Er6 et Ducati 750 (une ie et le proto).

 

 

 

Après un morceau à manger et un verre, tout est plié dans la bonne foi et la bonne humeur pour changer, et ce malgré un week-end mitigé sous la pluie et la chute de Hugues. Ça fera juste un peu d’occupation pour l’hiver : après tout il était prévu de démonter le proto pour une bonne révision, il aura droit à une révision du faisceau et une nouvelle peinture. Côté Kawa, il faut vraiment la coursifier pour s’éviter les déboires, notamment au niveau du système de démarrage.

 

Merci à l’équipe d’assistance qui s’est déplacée et a bien voulu se démener pour permettre au proto de finir la course, à toute l’équipe pour la bonne humeur ambiante malgré des moments un peu tendus, aux organisateurs de ces courses de nous permettre de nous amuser et à nos partenaires de nous accompagner dans ces moments.

 

 

Quelques photos